Depuis Rio de Janeiro, février 2010.
Le Brésil est réputé pour son avancement en termes d’utilisation des réseaux sociaux. Une faible partie des brésiliens a un accès à internet (environ 60 millions pour 190 millions d’habitants). Mais ceux-ci sont en avance par rapports aux autres internautes du monde. Le Brésil est ainsi un des pays comptant le plus d’usagers de twitter.
Nous avons pu avoir un aperçu de cet usage avancé des réseaux sociaux pendant le carnaval de Rio.
En marge des défilés « officiels » qui ont lieu dans un lieu dédié, appelé le sambodromo, a lieu un immense carnaval de rue : des « blocos », groupes de percussions généralement accompagnés d’un char de chanteurs, jouent dans la rue, dans tous les quartiers de Rio, de 8h du matin à 10h du soir.
http://www.dailymotion.com/videoxcgdwy
Voir la carte des blocos du carnaval 2010
Le défi, pendant le carnaval, est donc de savoir à quel bloco il faut aller, et quand. Certains sont très populaires, et rassemblent énormément de gens (jusqu’à un million et demi de personnes), il faut y aller avant qu’il y ait trop de monde car après il devient impossible de s’y mouvoir (et on se fait marcher sur les pieds). D’autres sont tout aussi populaires mais ne veulent pas souffrir de surpopulation : ils communiquent alors de faux horaires. Seuls les vrais « fans » réussissent à savoir où et quand a vraiment lieu le concert.
Bref, c’est un casse-tête qui ne peut se résoudre que d’une seule façon : l’information en temps réel. Twitter, google map, i-phone et autres, sont les outils indispensable d’un bon fêtard brésilien. Pour commencer, il faut jeter un œil à google map : une page y expose tous les blocos du jour. Deuxièmement, il faut faire son choix pour un bloco, suivant l’heure, le groupe, la popularité…etc. Troisièmement, il faut aller voir sur les blogs, groupes Orkut (réseau social de google, plus utilisé que Facebook au Brésil), et comptes twitter des blocos, les dernières informations sur le concert. Enfin, vérifier auprès de diverses sources d’information en temps réel que la fête aura bien lieu (à cause des faux horaires!). Google map permet de voir en temps réel le trafic dans la rue où à lieu le bloco : si celui-ci est arrêté ou ralenti (jaune ou rouge), c’est bon signe. Twitter ensuite permet de voir les messages de ceux qui sont sur place (et qui publient par téléphone) : si les messages sont nombreux et positifs, c’est bon signe. Mieux encore, les twitpics, photos échangées par twitter, voir les vidéos de certains sites d’information diffusées en temps réel, permettent de donner une idée de l’ambiance… Mais attention, trop de signes positifs indiquent qu’il risque d’y avoir trop de monde, dans ce cas mieux vaut choisir un autre bloco…
Un autre moyen, que nous avons utilisé abondamment, sont de suivre ceux qui savent s’orienter, grâce aux réseaux sociaux : à travers couchsurfing, orkut ou twitter, il est possible de repérer des gens qui savent s’y prendre et de les imiter… en temps réel!
Cet usage des réseaux sociaux donne un aperçu de leur popularité au Brésil (nous avons même vu des brésiliens déguisés en petit oiseau de twitter, avec une pancarte « follow me »). Cet usage concerne une minorité de brésiliens, ceux qui sont connectés, et n’avait pas un objet « sérieux », il s’agit de localiser la meilleure fête. Mais cela donne une idée du potentiel énorme des réseaux sociaux et de leur utilisation en temps réel. Vous voulez organiser ou participer à une manifestation politique ou culturelle? Une flash mob? Éviter des embouteillages? Organiser une révolution? Prenez exemple sur le carnaval brésilien.
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