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(lire l’article en anglais, espagnol, portugais). Depuis le morro São Benedito, ville de Vitoria, Etat d’Espirito Santo, Brésil. Février 2010.
Nous avions déjà évoqué les banques communautaires à propos de la Fundefir, fondation vénézuelienne (voir l’article sur Socialter, ou sur Rue 89). Les banques communautaires sont ces banques développées au sein de quartiers pauvres par les habitants eux-mêmes et qui ont pour objet de faire des micro prêts pour les habitants du quartier.
En vidéo, la définition d’une banque communautaire
http://www.dailymotion.com/videoxchzzp
Le mouvement des banques communautaires est très dynamique au Brésil. Point orignal :elles utilisent leur propre monnaie. On compte plus de 50 monnaies alternatives, ou « moedas sociais » au Brésil. Ces monnaies sont créées par les banques communautaires de façon à ce que l’argent prêté soit dépensé seulement dans le quartier. Ainsi le prêt effectué revient aussi à un investissement dans le quartier pauvre:
On trouve 50 et quelques monnaies alternatives au Brésil, qui sont à parité avec le real (monnaie brésilienne) et représentent au total environ un million et demi (soit 600 000 euros), ce qui fait 30, 000 reais par banque (12 000 euros).
En vidéo, la définition d’une monnaie alternative
http://www.dailymotion.com/videoxci08i
Une banque commence de la façon suivante : quelqu’un fait un don (en reais), qui est converti à parité en monnaie alternative, puis prêté, sans intérêts. Les billets sont numérotés et ont un système de sécurité. La partie difficile vient ensuite : il faut convaincre l’emprunteur, et surtout les commerçants du quartier, de l’utilité et de la validité de la monnaie. Il faut expliquer au commerçant que la monnaie alternative lui apportera des clients (puisqu’elle n’est acceptée que dans les commerces du quartier). Pour convaincre l’emprunteur, des prix sont négociés avec les commerçants.
A terme, l’objectif d’une banque communautaire est de s’autofinancer. Ce qu’elle arrive à faire en faisant des prêts avec intérêts pour microentrepreneurs (les prêts à la consommation étant sans intérêts). Mais les intérêts sont généralement très faibles et ne permettent pas l’autofinancement.
L’origine
L’origine des banques communautaires au Brésil, c’est le Banco Palmas, fondé par Joao Joaquim Melo Segundo à Fortaleza, dans le Nord Est du Brésil. Le « Banco Palmas » a été un succès. Jusqu’à ce que vienne le constat suivant : les gens prospèrent, mais dépensent tout leur argent hors du quartier. Beaucoup d’argent entre et sort du quartier pauvre, mais celui-ci reste pauvre. Le quartier est pauvre, non pas car il n’y a pas d’argent, pas de richesse créée, mais parce que cette richesse en sort. Et si était créé un moyen de faire demeurer l’argent dans le quartier, de façon à le développer? Les « Palmas », première monnaie alternative du Brésil.
La reconnaissance
La Banque Centrale n’a pas apprécié l’apparition de cette monnaie concurrente. Il a fallu une longue bataille pour que finalement les banques communautaires l’emportent : leur monnaie est considérée aujourd’hui comme une « monnaie complémentaire ». Elle peuvent circuler légalement à condition d’être convertible et d’être à parité avec le real (1 unité de monnaie alternative = 1 real). Cela afin d’éviter tout risque systémique du à la multiplication des monnaies. Le 18 novembre 2009, la banque centrale du Brésil a reconnu la légalité et l’utilité du réseau de banques communautaires. Celles-ci fournissent des services bancaires aux populations qui en sont généralement exclues et aident au développement local. Le 4 janvier 2010, un accord a été passé entre les banques communautaires, la Banque Centrale et le ministère de l’emploi qui vise à leur fournir un accompagnement.
Et ailleurs…
Le Brésil n’a pas le monopole des banques communautaires. C’est en Argentine que l’on en compte le plus, à cause de la crise monétaire qui a affecté le pays au début de notre siècle. Si elles ont réussi à acquérir une façade légale, elle n’ont pas pour autant fini de batailler. Le plus gros du travail reste à faire en convaincant la population, et en particulier les commerçants, de l’utilité de la monnaie alternative, et de leur intérêt à l’accepter. Plus que son taux de couverture ou sa convertibilité, ce qui fait la consistance d’une monnaie, c’est que les gens croient en elle.
Retrouvez notre article sur le Banco Bem, exemple de banque communautaire au Brésil
Carta da Rede de Bancos Comunitários
Article détaillé (en portugais), sur les banques communautaires au Brésil
Article d’Alternative économique sur les monnaies sociales
L’article de Socialter sur les banques communautaires au Vénézuela
L’article de Socialter, repris sur Rue 89
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