Depuis Caracas, Vénézuela

Trouver un moyen pour que les communautés qui n’ont pas accès à des services financiers puissent s’autofinancer.
Plus de la moitié des vénézuéliens et de très nombreuses personnes n’ont pas accès à des services financiers : aucune banque ne leur prête d’argent en cas de nécessité, ils n’ont pas de carte de crédit, pas d’assurances, pas de compte en banque… La seule chose qu’ils peuvent obtenir d’une banque est un livret d’épargne. Le microcrédit a été mis en place pour eux. Mais le microcrédit est réservé au faible pourcentage d’entre eux (10% en moyenne au Venezuela) qui crée ou développe une micro-entreprise. Qu’en est-il des petits employés et des chômeurs ? Qu’en est-il de ceux qui ont besoin d’un emprunt pour aller chez le médecin ou réparer leur maison dévastée par le dernier ouragan ?
L’idée
Au Vénézuela existe une pratique que l’on appelle le « Susu » : un groupe de personnes se réunit, chacun met la même somme dans une cagnotte, et après un tirage au sort une personne du groupe empoche la somme qui a été réunie. C’est une forme de tombola. L’idée de Salomon Raydan a été d’utiliser cette capacité des communautés pauvres à réunir un capital pour créer des « banques communautaires ». Chaque membre de la communauté investit la même somme pour constituer un capital. Ce capital est utilisé sous deux formes : investit dans des actions sans risque et prêté à ses membres. Les membres reçoivent les dividendes des actions et ont l’opportunité d’emprunter.
La première banque a été crée en 1998 avec douze femmes de l’île de Margarita au Vénézuela. Ce sont 140 banques communautaires qui ont été crées depuis. Elles regroupent 10 000 associés et font des prêts d’en moyenne 100 bolivars fuertes (30 euros au taux officiel). L’investissement minimal est le prix qu’aura à payer la banque pour acheter une action, soit dix bolivars fuertes (trois euros au taux officiel).
Et si les gens ne remboursent pas ? La banque est entièrement gérée par la communauté, qui est formée et assistée par la Fundefir, jusqu’à être laissée indépendante. C’est donc elle qui prend en charge le contrôle du bon remboursement des prêts. Les communautés étant de faible effectif, le lien social est fort et la pression du groupe suffit généralement pour assurer le remboursement. Les chiffres sont éloquents puisque les emprunteurs font défaut à 0,5%.
Comment la mettre en pratique ?
Salomon Raydan est devenu membre du réseau d’entrepreneurs sociaux Ashoka et travaille à dupliquer son modèle : Le système des banques communautaires de la Fundefir a été mis en place en Colombie, Bolivie, Sénégal, Portugal, Espagne et Brésil. La Fundefir travaille à la création des banques communautaires et les laisse ensuite s’autogérer de façon entièrement indépendante. « Certaines ne donnent même plus de nouvelles » confie-t-il.
La mise en place d’une banque se fait en « quatre étape » :
La promotion : il faut aller auprès des populations pauvres expliquer le principe des banques communautaires. « C’est très dur de convaincre ». Les gens mettent du temps à saisir leur intérêt et leur fonctionnement.
La création : ceux qui souhaitent s’associer définissent ensemble le règlement de la banque ainsi que les procédures de contrôle. Viennent alors les premières opérations. « C’est le meilleur moment, quand la banque prouve qu’elle peut marcher ».
La formalisation : Une fois les premiers prêts effectués, il s’agit de formaliser les étapes de fonctionnement du prêt, de leur recouvrement, de répartition de dividende entre les associés, de façon à ce que la banque puisse continuer à fonctionner de façon indépendante.
Suivi : la Fundefir suit ensuite l’évolution de la banque communautaire et lui propose un appui logistique, théorique et financier.
« Notre principal travail est éducatif, assène Salomon Raydan, c’est d’apprendre aux gens à s’autofinancer ».
Ce que l’on peut faire
Les banques communautaires sont un bon moyen pour les sans papiers de pouvoir bénéficier de services financiers minimaux. Déjà testées en Espagne, les banques communautaires d’immigrants illégaux semblent être une réussite. En France, elles seraient une solution intéressante pour des sans papiers sans recours financiers et sans accès légal à des banques.
Internet et les jeunes
Pour dynamiser la multiplication des banques communautaires, Salomon Raydan a eu l’idée de recourir aux étudiants. Il établit des accords avec les universités de façon à ce que les étudiants puissent choisir le Fundefir pour faire leur « servicio comunitario » obligatoire (120 h de travaux dans le programme social de leur choix). Il lance une campagne d’explication de la Fundefir à destination des étudiants et intervient dans les universités. Nous discutons alors du potentiel des medias sociaux pour fédérer les étudiants et communiquer facilement avec eux. « Je me suis inscrit sur twitter, confie-t-il, mais je n’y comprend rien ». Il me raconte que depuis qu’il a lu une étude sur l’intérêt à user professionnellement des medias sociaux il a demandé à ses informaticiens de créer des profils facebook et twitter pour la Fundefir mais ceux-ci ne l’ont toujours pas fait. Socialter va se charger de piloter ses informaticiens dans l’installation et les premières utilisations de twitter et facebook, éventuellement d’un blog. Le problème c’est que les informaticiens ne sont pas forcément les mieux placés pour faire de la communication. Techniquement, l’utilisation des medias sociaux ne demande pas grand chose, c’est surtout un travail de communiquant. « Nous sommes très peu » soupire Salomon Raydan. La communication à travers les media sociaux arrive comme une nouvelle tâche à laquelle ne correspond pas de poste. A qui la confier alors ? A un chargé de communication qui n’est peut-être pas du tout à l’aise avec ces outils ? A un informaticien qui n’a peut-être pas du tout envie de faire de la communication ? A moins de pouvoir se permettre de créer un poste de chargé de communication web, ce qui n’est généralement pas le cas des petits organismes que nous rencontrons il n’y a pas énormément de possibilités : soit trouver quelqu’un dans l’organisme qui est à l’aise avec les medias sociaux (qui peut être le comptable), soit former tout le monde à leur utilisation de façon à distribuer les tâches.
Et vous, qui est en charge de twitter dans votre organisation?
Le site de la Fundefir (en espagnol et anglais)
Fundefir cherche quelqu’un pour traduire leur site de l’espagnol au français, contactez-nous à contact@socialter.fr
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[...] have already mentioned the community banks with Fundefir, Venezuelan Foundation (see article on Socialter, or Rue 89). The community banks are those banks developed in poor neighborhoods by the residents [...]
Hello,
I’m native from Madagascar, and use to live in France. As you might know Madagascar is (almost) the poorest country in the world. Lots of poor people, and every time I fly there even more!!!
I am HIGHLY interested in the concept of FUNDEFIR – no bank, poor people between them trying to get out of trouble together -. Unfortunately I have no financial background (I am an IT engineer, working specially for quality). Is there a way to get some (as deep as possible) insight of the concept of FUNDEFIR?
I’m really looking forward to reading from you
Thank you/Best Regards
Fran
Hello Francis,
I’ve seen something that might interrest you.
Friendly,
http://www.worldchristians.org/france/banque.htm