J’ai appris le parapente avec un magazine

February 18th, 2010 § 1

Janvier 2010, Buenos Aires.

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Le sujet de cet article est un cas d’entrepreneuriat – Guibert Englebienne et Globant. L’intérêt de Globant n’est pas son impact social puisqu’il s’agit d’une entreprise de software, mais son profil innovant. Croissant d’environ 100% par an, elle est une des entreprises les plus dynamiques d’Amérique Latine. Nous sommes reçus dans leurs bureaux de Buenos Aires : murs colorés, salle de musculation et de massage, cafétéria, table de ping-pong, pouf… On retrouve une ambiance très « google » dans ces bureaux, « nous avons toujours pensé l’entreprise  comme cela », nous dit Guibert. Nous sommes venus parler de nouvelles technologies et du projet Open Social (post à venir). Le « cas » Globant nous a cependant paru suffisamment intéressant pour justifier un post à part entière…

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L’origine

Guibert est un des quatre fondateurs de Globant, qui partage avec les trois autres une origine « provienciale ». Aucun d’entre eux ne vient de Buenos Aires, et tous ont l’envie de faire valoir le potentiel humain de leur ville d’origine, de la même façon qu’ils veulent faire valoir le potentiel argentin, « province » des Etats-Unis dans le domaine des nouvelles technologies.

Guibert commence son autoportrait par une petite anecdote sur son caractère d’entrepreneur: il est la première personne à avoir appris à faire du parapente dans sa ville d’origine, Mar del Plata. D’où un problème de poule et d’oeuf, qui lui a appris?

« J’ai appris tout seul à faire du parapente, en lisant des magazines »

Guibert a une formation d’ingénieur et a travaillé un temps pour IBM. Après avoir monté une première entreprise, puis travaillé quelques années aux Etats-Unis, il se lance un défi avec trois amis argentins : créer une entreprise multinationale depuis son appartement de 20 mètres carrés en Argentine, avec 5000 dollars de départ.

« Nous fonctionnons en nous fixant des objectifs »

L’entreprise fondée en 2003 part d’un constat : malgré l’explosion de la bulle internet le marché du software est très dynamique avec une grande tendance à l’outsourcing et l’offshoring, souvent à destination de l’Inde. Pourquoi ne pas se positionner sur ce marché, depuis l’Argentine? Dès l’origine, l’entreprise se refuse à considérer le marché latinoaméricain et part à la recherche de clients américains et européens. Après avoir frappé à de nombreuses portes, ils finissent par trouver leurs premiers clients, parmi lesquels Lastminute. Se posent alors plusieurs problèmes : comment envoyer des gens là-bas, sans ressources? « Nous avons envoyé ceux qui avaient des doubles nationalités [très courant en Argentine, en particulier les passeports italiens et espagnols] pour éviter les frais et les délais de visas ». Ils réussissent à négocier des avances et satisfont leurs clients, qui en redemandent : en quatre mois l’entreprise passe de quinze à soixante-dix employés.

Recruter les meilleurs

Etant un nouvel acteur, Globant a doit se faire remarquer pour attirer les talents. Ils jouent donc la carte de l’originalité en distribuant des pommes lors des forums de recrutement, ou en créant une campagne de pub à base de blagues de geeks et d’énigmes à résoudre. Globant cherche à donner une image d’entreprise sélective et intello, mais aussi décontractée et jeune. Cela marche, aujourd’hui ils recrutent 60 personnes par mois (et reçoivent 1600 Cvs).

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Se faire un nom

L’entreprise se fait assez vite remarquer, et croît de plus en plus vite, passant de 4 à 1600 personnes en sept ans. Elle multiplie ses bureaux en Argentine et à l’étranger (Palo Alto, Londres…) devenant la multinationale dont rêvaient ses fondateurs : elle reçoit des prix de la fondation Endeavour et devient un cas d’école du MIT.

S’organiser

L’entreprise croît, et s’organise. Un groupe de 17 personnes, la « Premier League » regroupe les cadres les plus importants. Le groupe n’est pas hiérarchisé, chacun travaille de façon indépendante en rendant des comptes aux autres.

« Nous ne sommes pas organisés en hiérarchie, mais en réseaux d’indépendants décentralisés »

L’important est de rester connecté avec les autres malgré les distances géographiques et les différences d’horaires. La « Premier League » a mis au point un service de téléphonie qui sert aujourd’hui de référence. Régulièrement, le groupe se réunit en brainstormings pour apporter d’autres innovations à l’entreprise. Les participants aux brainstormings sont triés sur le volet. Les brainstormings les plus importants sont ceux entre « gourous ».

« Il faut être désigné pour devenir gourou, on ne peut en faire la demande ».

Certaines aires traditionnelles de l’entreprise sont organisée de manière hiérarchisées, mais les fondateurs cherchent à éviter une structure organisationnelle classique: des petits projets innovants sont encouragés à devenir indépendants. Il s’agit de stimuler une croissance cellulaire : l’entreprise croit en créant de nouvelles cellules indépendantes.

Innover

Il n’y a pas de recette pour l’innovation, mais tout est fait pour laisser de la place à ceux qui veulent inventer. « Globant Lab » permet aux employés de Globant de proposer de nouvelles idées et de collaborer à de nouveaux projets. Les fondateurs cherchent à imprimer un style qu’ils jugent favorables à l’initiative et la création: instruments de musique dans les salles de brainstorming, tables de ping pong dans les bureaux…

La croissance reste la priorité : les bénéfices sont réinvestis dans la croissance de l’entreprise qui grossit à vue d’oeil. On verra si l’entreprise saura garder une culture jeune, innovante et « résorganisée » à mesure qu’elle va s’étendre…

Open Social

Globant participe activement au projet Open Social, visant à favoriser l’interopérabilité entre les réseaux sociaux.

Pour en savoir plus… Le site Open Social

Is Globant South America next IPO? Le post de Techcrunch sur Globant

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