
Novembre 2009. Depuis Bogotà, Colombie
Internet a un taux de pénétration de 45,3% en Colombie. C’est le troisième taux de pénétration en Amérique Latine après le Brésil et l’Argentine. Et le taux de croissance est impressionnant: 2 154.3% ; c’est le troisième, derrière le Guyana et le Paraguay. De plus, les usages sont plus importants que ce qui est mesuré. L’informel dépasse les chiffres en ce qui concerne le nombre d’ordinateurs ou de connexions. D’après Orlando Rincon « On trouve maintenant des ordinateurs partout » et « tout le monde a un courrier électronique, même ceux qui vivent dans la rue utilisent le cyber café du coin ».
Mais de nombreuses régions de Colombie n’ont pas encore de connexion, en particulier toute la région amazonienne, les villages reculés (comme ceux que j’ai pu visiter à Boyacà) et les quartiers pauvres les plus excentrés.
Il existe différents programmes de récupération et de dons d’ordinateurs aux plus démunis ainsi que des formations à leur utilisation. Il y a d’autre part une multiplication des salles de connexions à bas prix des quartiers pauvres : appelés « telecentros » ces centres sont financés par l’Etat ou par des Fondations et conçus pour être autonomes ensuite grâce à une facturation (faible) de la connexion. Les communautés des quartiers pauvres peuvent choisir quel usage sera fait des budgets affectés à leur développement. De plus en plus de communautés choisissent de demander l’installation d’un « telecentro ».
On trouve ensuite différents acteurs : l’APC, Association pour le Progrès des Communications est présente en Colombie et soutient des organisme comme Colnodo, qui offre des prestations professionnelles (création de site, mise en réseau…) à bas coût. Enfin, il y a de très nombreuses initiatives d’ « alphabétisation numérique » – formation basique à l’usage d’un ordinateur, comme celle de Makaia, que j’ai rencontrés à Medellin.
Il reste donc une fracture numérique « physique » (problème d’accès à une connexion) mais la véritable fracture est celle des usages : la portée économique et politique d’internet n’est pas mesurée. Les réseaux sociaux restent un jeu et ne sont pas encore utilisés comme un instrument de communication et de mobilisation. C’est du côté des entrepreneurs qu’on voit un véritable usage : networking – les entrepreneurs de Bogotà sont rassemblés en un hub et ont leur propre Ning; et mobilisation – Endeavour et Somos Màs ont organisé une flash mob en utilisant les réseaux sociaux pour la journée de l’entrepreneur…
En savoir plus:
Chifffres :
Une étude détaillée sur la fracture numérique en Colombie (espagnol)
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