La fracture numérique en Equateur

February 18th, 2010 § 1

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Depuis Quito, Equateur

Décembre 2009. Depuis Quito, Equateur

L’Equateur est très en retard si le compare aux autres pays andins (Vénézuela, Colombie, Equateur, Pérou, Bolivie) en terme d’infrastructures. Pour 14,5 millions d’habitants, on compte 1,7 millions d’utilisateurs d’internet. Même en considérant que les chiffres ne prennent pas en compte l’usage informel, cela reste très faible. Le pourcentage de pénétration est de 12,1%, à comparer avec les 45% colombiens ou les 28% du Vénézuela. Seule la Bolivie est encore plus en retard, avec 10% de pénétration. Le taux de croissance est élevé (877%), plus élevé que pour le Vénézuela (695%) mais là encore plus faible que le taux colombien (2154%).

De plus la pénétration est très inégale: certaines zones sont bien équipées (les régions de Quito et de Guayaquil, les deux principales villes du pays) et le reste est très en retard. Certaines populations (les classes moyennes et aisées) disposent de connexions tout à fait correctes alors que dans l’autre, certains ne savent même pas allumer un ordinateur.

“Lesquels d’entre vous ont déjà vu un ordinateur?” ai-je ainsi demandé dans une école d’alphabêtisation pour retraités. Silence. Avant qu’une petite vieille n’annonce témérairement qu’elle en a déjà vu, “mais de loin”, précise-t-elle avec une expression de terreur et de respect.

Il est donc plus difficile, et en même temps plus que jamais nécessaire de “mettre internet au service du développement”. Ansi, je pensais trouver des indigènes assez connectés, ayant discuté avec des jeunes de 22 à 28 ans par email, et j’ai trouvé des gens qui n’avaient presque jamais entendu parler de réseaux sociaux et pour qui google restait à découvrir.

Les choses changent car il y a une prise de conscience au niveau gouvernemental de l’impact des nouvelles technologies sur le développement. La nouvelle constitution (2008) inscrit le droit à l’accès aux télécommunication comme fondamental. Le gouvernement n’utilise plus que des logiciels libres (par décret). Le rôle de FODETEL, une institution mise en place par un gouvernement précédent et n’ayant mené absolument aucun projet, a été redéfini et doté de nouveaux moyens. FODETEL a mis en place de nouvelles régulations prenant en compte la notion de “réseau d’intérêt social” et finance divers projets, comme Camari, un réseau d’acteurs du commerce équitable offrant aux petits producteurs des informations sur l’offre et la demande, les prix, ainsi que des contacts avec des acheteurs permettant d’éliminer les intermédiaires.

D’autre part, le CDI est présent en Equateur avec de nombreux “telecentros” qui couvrent certains des endroits les plus isolés.

Malgré ces différentes actions, il restent encore énormément à faire…

En savoir plus :

Une étude détaillée de la fracture numérique en Equateur par l’APC (en anglais)

infodesarrollo network

Telecentros

Le réseau de petits producteurs:

www.negocios.camari.org

Plus de chiffres:

http://www.internetworldstats.com/stats15.htm

CIA – World Factbook

Et enfin, le must:

La carte pearltrees – fracture numérique en Equateur.

Ecuador//

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